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ParNdiata Kalonji

Changement climatique : Quand Sud et Nord échangent pour avancer ensemble !

C’est dans le cadre des journées Européennes de la solidarité locale que Nantes Métropole a accueilli et organisé le 12 novembre 2018 une journée de partage d’expériences entre collectivités d’Europe, d’Afrique et des Caraïbes dans la perspective de mieux anticiper les politiques publiques face au changement climatique. L’assemblée était d’une quarantaine de personnes!

Cette journée a été riche et a réuni, d’une part, des collectivités territoriales (les villes de Dschang et Fokué au Cameroun, la ville de Kindia en Guinée Conakry, le département de la Grand’Anse à Haïti et Nantes Métropole en France), et d’autre part, les associations, les institutions, les entreprises et les ONG.

Les échanges ont porté sur la question : « Quelles solutions les villes mettent-elles en œuvre face au changement climatique? »

Il est utile de rappeler que les différentes études montrent que les villes sont responsables d’une part importante des émissions du CO2. C’est par exemple le rapport « C40Cities » (Consumption –based GHG emissions of C40 cities) qui indique qu’à l’échelle mondiale, les villes sont responsables de 70 % des émissions de CO2.

De ce fait, les collectivités territoriales se doivent de mener des politiques publiques et des  partenariats nécessaires pour favoriser les bonnes pratiques et les bonnes méthodes.

Cette journée a offert l’opportunité de valoriser les actions initiées par les villes et les collectivités territoriales avec le tissu d’acteurs locaux. Ça a été aussi une journée d’échanges sur les bonnes pratiques et les leçons à tirer des échecs comme des succès pour créer les conditions de réussite des projets.

Cette journée s’est faite avec la participation de Platforma, le réseau Européen de collectivités engagées pour le développement durable.

Mezaa dans sa vocation d’apporter des contenus locaux, des contenus éducationnels, des contenus partout en Afrique a animé les 4 tables rondes de la journée dont les contenus sont ci-dessous :

Introduction

L’ouverture est faite par Marie-Hélène NEDELEC, Vice-présidente de Nantes Métropole à la Coopération décentralisée, et Olivier BAUMARD, Représentant de PLATFORMA.

Marie-Hélène NEDELEC rappelle d’emblée la responsabilité et l’obligation partagées d’agir puisqu’il y a urgence, puisque « La maison brûle »!

Olivier BAUMARD présente « Platforma », une coalition paneuropéenne pour le développement durable. Elle regroupe des gouvernements locaux et régionaux, ainsi que les associations qui les représentent au niveau national et européen.

Table ronde 1

Cette 1ère table ronde a porté sur les initiatives locales : Quelles initiatives et quelles innovations les différents acteurs proposent-ils?

Les invités sont :

  • Barthélémy NDONGSON LEKANE, Directeur de l’Agence Municipale des Gestion des Déchets, ville de Dschang (Cameroun)
  • Jean-Yves RETIERE, Délégué Régional Association Électriciens sans frontières
  • Marie LAUNAY, Responsable commerciale Beautiful Light Factory chez ARMOR Group
  • Philippe DELPECH, Recherche, Partenariats académiques -Direction Climatologie Aérodynamique Pollution et Epuration Centre Scientifique et Technique du Bâtiment

Table ronde 2

Cette 2ième table ronde porte sur le rôle des villes et des acteurs de la coopération. La question principale est : Quelles politiques publiques mettre en œuvre ? Sur quels partenariats s’appuyer pour construire des projets ? Ville à ville, ONG, Institutionnels, bailleurs…

Les intervenants sont :

  • Julie LAERNOES, Vice-présidente de Nantes Métropole, à l’Empreinte écologique -Transition énergétique – Climat – Énergie – Développement durable
  • Adrienne Paule DEMENOU TAPAMO, Maire de Fokoué (Cameroun)
  • Marie-Pierre BOURZAI-CHERIF, Responsable Division des Territoires et Entreprises à l’Agence Française de Développement
  • Agnès RIZZO, Directrice de BOLIVIA INTI SUD SOLEIL

Table ronde 3

Cette 3ième table ronde porte sur les freins et fragilités dans la pérennisation des actions. La question centrale est : Comment adapter les projets en fonction des difficultés liées au contexte ? Comment atteindre l’objectif de pérennité de l’action.

Les intervenants sont :

  • Louis Marie Titus DORIMAIN, Maire de Bonbon et Président de l’Association des Maires de la Grand’Anse (Haïti)
  • Thierry DIGUET, Chargé de projets en Haïti Electriciens sans frontières
  • Lansana SYLLA, directeur de l’Agence Communale Eau et Assainissement de la ville de Kindia (Guinée Conakry)
  • Elsa CARDINAL, Directrice stratégie et développement Guinée 44

 

Table ronde 4

Cette 4ième table ronde porte sur les conditions de la réussite. La question centrale est : Identifier les bonnes pratiques et s’appuyer sur les bons réseaux. Sur les réussites identifiées, y-a-t-il des synergies à faire émerger ?

Les intervenants sont :

  • Rosemarie DUPALIS, Adjointe au Maire Présidente de la commission agricole de l’AMAGA (Haïti)
  • Béatrice PAUTHIER, Directrice – maître composteur association Compostri
  • Alban MALLET, Chargé de développement Climat, DGTEESU Nantes Métropole
  • Geneviève SEVRIN, Directrice Générale, Cités Unies France
  • Ronan DANTEC, Président de Climate Chance

 

Les parties prenantes

Ouverture par Marie-Hélène NEDELEC, Vice-présidente de Nantes Métropole à la Coopération décentralisée, et Olivier BAUMARD, Représentant de PLATFORMA devant une quarantaine d’invités.

La table ronde 1: Les initiatives locales; Quelles initiatives et quelles innovations les différents acteurs proposent-ils ?

La table ronde 2: Le rôle des villes et des acteurs de la coopération; Quelles politiques publiques mettre en oeuvre ? Sur quels partenariats s’appuyer pour construire des projets ? Ville à ville, ONG, Institutionnels, bailleurs…

La table ronde 3: Freins et fragilités dans la pérennisation des actions; Comment adapter les projets en fonction des
difficultés liées au contexte ? Comment atteindre l’objectif de pérennité de l’action.

La table ronde 4: Les conditions de la réussite; Identifier les bonnes pratiques et s’appuyer sur les
bons réseaux . Sur les réussites identifiées, y-a-t-il des synergies à faire émerger ?

La table ronde 4, la suite… avec Ronan DANTEC, Président de Climate Chance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ParNdiata Kalonji

Burkina-Faso: la route des entrepreneur(e)s

Mezaa, ce sont les contenus locaux, les contenus éducationnels, partout en Afrique…Après le numéro « zéro », nous voici prêts pour démarrer la série des contenus éducationnels interuniversitaires entre le Burkina Faso et la France

Cette série des contenus est une coproduction avec l’Université Aube Nouvelle au Burkina Faso et l’école d’ingénieurs Polytech de l’Université de Nantes en France.

Dans cette série, il est question d’articuler des savoirs autodidactes, des savoirs pratiques et des savoirs académiques ; bref de partager des expériences dans différents secteurs clés pour l’Afrique avec un double objectif : primo, alimenter une boîte à outils en contextes Africains pour les entrepreneurs et secundo, créer des vocations à entreprendre. Telle sera l’essence des échanges, des débats, des reportages ou articles qui constitueront notre série en langues administrative avec certaines parties en langues véhiculaires.

La préparation de cette coproduction a débuté en janvier 2018 avec son point culminant le 21 juin 2018. C’est en effet ce jour-là que nous avons produit l’émission « zéro » qui a pour objectif de mettre au point les processus de co-création et de collaboration, les aspects techniques et éditoriaux, et préparer ainsi le lancement de la série pour l’année académique 2018-2019.

Le thème décidé ensemble pour cette émission « zéro » était porte sur les nouvelles formes d’entreprenariat en Afrique Subsaharienne. Nous étions en « live » pour coproduire via un multiplex entre le Campus de Polytech à Nantes (France), le campus de l’Université Aube Nouvelle à Ouagadougou (Burkina Faso) et l’Agence Universitaire de la Francophonie à Brazzaville (Congo). Nous sommes donc prêts à démarrer la série cette année avec un objectif de 5 demi-journées d’échanges, de débats pour des émissions qui seront disponibles sur le site de Mezaa et via des partenaires diffuseurs en France et en Afrique.

Ce projet n’aura pas été possible sans l’implication du professeur Marc Bidan de Polytech Nantes, du Doyen Lasane Tapsola de l’Université Aube Nouvelle, du professeur Alidou Ouedraogo de l’Université Aube Nouvelle, de Gwenaëlle Oruezabala, maître de conférence IAE Poitiers et de Jean-Louis Vinet, journaliste-producteur. Nous tenons à les remercier vivement.

Nous remercions infiniment l’ensemble de la quarantaine des participants sur les 3 sites incluant professeurs, entrepreneurs, étudiants, responsables techniques pour leur engagement et leur participation généreuse à la réalisation de ce numéro « zéro ». Nous remercions également les établissements Polytech, Université Aube Nouvelle, Agence Universitaire de la Francophonie de Brazzaville pour la mise à disposition de locaux, des connexions internet et des dispositifs multimédias pour la réalisation du multiplex.

Cette demi-journée du 21 juin a été riche de rencontres, d’échanges et d’informations (voir les photos à la fin de l’article). Elle nous a permis de tester les conditions opérationnelles pour pouvoir démarrer la série d’émissions en cette rentrée académique 2018-2019. Cette série sera celle de l’enrichissement de nos contenus interuniversitaires tout en intégrant les axes éditoriaux de Mezaa et les spécialisations des universités.

Nous annoncerons les programmations et les premiers appels à contribution avant la fin du mois de septembre. Nos choix thématiques seront guidés par les 2 premiers de 3 axes éditoriaux Mezaa qui consistent à :

  1. Accompagner les jeunes vers la réussite dans leur projet d’études et/ou de transition vers l’emploi
  2. Accompagner les entrepreneurs vers la réussite dans une réalité complexe de l’économie « informelle »
  3. Accompagner la population pour améliorer la santé et le bien-être par la médecine préventive

Dans l’esprit de Mezaa, nous nous efforcerons aussi de traduire certains contenus en langues nationales.

Restez donc à l’écoute pour l’annonce des programmes et pour les prochains enregistrements !

A propos de la journée du 21 juin 2018

C’était une journée de recherche et de rencontres sur les nouvelles formes d’entrepreneuriat (ancré, numérique, hybride) en Afrique subsaharienne en partenariat entre Mezaa (réseau de production des contenus éducationnels en Afrique) et Polytech Nantes, l’Université Aube Nouvelle à Ouagadougou (Burkina Faso) et l’Agence Universitaire de la Francophonie à Brazzaville (Congo).

Cette première demie journée de recherche centrée sur les nouvelles formes d’entrepreneuriat en Afrique subsaharienne a réuni une quarantaine de participants (enseignants chercheurs, praticiens, entrepreneurs, startups, doctorants, conférenciers…) et a accueilli en visioconférence les intervenants acteurs et étudiants autour de l’entrepreneuriat au Burkina Faso et au Congo Brazzaville.

Le programme complet est ici http://web.polytech.univ-nantes.fr/actualites/journee-recherche-du-lemna-sur-entreprenariat-en-afrique-2235339.kjsp?RH=1184159169204

A propos de Polytech Nantes Lemna

Polytech est l’école d’ingénieur de l’Université de Nantes. Le Lemna est le laboratoire d’économie et de management de Nantes-Atlantique. Polytech Nantes et Lemna sont des composantes de l’Université de Nantes, l’une des grandes universités pluridisciplinaires de France. Pôle majeur d’enseignement supérieur et de recherche, elle rassemble plus de 38 000 étudiants (dont 3 900 étudiants étrangers), 3 750 personnels enseignants et non-enseignants. Tous les champs disciplinaires sont représentés (sciences et technologies, santé, arts, lettres, langues, sciences humaines, droit, sciences politiques, économie et gestion) et l’Université s’appuie sur 44 unités de recherche. Pour plus d’information, http://web.polytech.univ-nantes.fr http://www.lemna.univ-nantes.fr/

A propos de l’Université Aube Nouvelle

Plus de 4000 étudiants, plus de 28 nationalités, 25 diplômes homologués par le CAMES, plus de 5000 diplômés sur le marché, 15 conventions signées avec des universités étrangères, 2 campus (Ouagadougou et Bobo-Dioulasso), plus de 20 missions d’enseignement par an ; l’Université Aube Nouvelle (U-AUBEN) est un établissement d’enseignement supérieur privé membre de CAMES. Elle est composée d’instituts ou d’écoles et des Unités de Formation et de Recherche (UFR). Elle délivre les diplômes de licence, de master et de doctorat. Pour plus d’information http://u-auben.com

A propos de Mezaa

Mezaa est un réseau unique et une plateforme innovante de syndication pour des contenus audiovisuels, des contenus locaux, des contenus éducationnels et des contenus disponibles partout en Afrique en langues administratives et en langues véhiculaires. Avec l’ensemble de ses partenaires économiques et institutionnels, Mezaa coproduit et diffuse des contenus de compagnonnage en s’appuyant sur un maillage riche des médias partenaires (radio FM, web mobile, médias internet, serveurs téléphoniques, etc.). La mission de Mezaa est, primo, d’accompagner les jeunes vers la réussite dans leur projet d’études et de transition vers l’emploi, secundo, d’accompagner les entrepreneur(e)s vers la réussite dans une réalité complexe au regard de l’ensemble des logiques économiques et sociales en Afrique et tertio, d’accompagner la population pour améliorer la santé et le bien-être par la médecine préventive. Pour plus d’information http://mezaa.org

A propos de l’AUF Brazzaville

L’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) est une association mondiale d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche francophones. Elle regroupe près de 850 établissements d’enseignement supérieur et de recherche sur les cinq continents dans plus de cent pays. Elle est également l’opérateur pour l’enseignement supérieur et la recherche du Sommet de la Francophonie. Pour plus d’information : https://www.auf.org/afrique-centrale-grands-lacs/a-propos/contact/

 

A Ouagadougou, avec de gauche à droite Messieurs Lassane Tapsoba, Théophile Nasse, Seydou Ramde, Nathan Congo, Some Lucain

A Ouagadougou, en pleine discussion avec Nantes qu’on aperçoit sur l’écran

A Ouagadougou, avant le moment de convivialité

A Nantes, les intervenants (professeurs et entrepreneurs) se préparent…

A Nantes, Jean-Louis Vinet (au milieu) en pleine discussion entre Nantes et Ouagadougou/Brazzaville qu’on aperçoit sur l’écran

A Nantes, avec une partie de participants après le moment de convivialité…

 

ParNdiata Kalonji

Côte d’Ivoire: réflexions avant les premiers essais

Ces réflexions se placent dans la phase préparatoire de la production expérimentale de 12 pastilles audio sur quelques usages du mobile par les femmes à Abidjan en Côte d’Ivoire. Ces pastilles sont disponibles sur la webradio de Mezaa.

L’ambition de Mezaa est de produire et distribuer un contenu de compagnonnage avec un impact local. Le compagnonnage évoque ici un contenu qui répond au quotidien à des questions importantes de la vie courante. Pour Mezaa, le contexte est primordial et les contenus sont éducationnels.
Le choix de focaliser Mezaa sur les contenus éducationnels en fait une plateforme des contenus éducationnels qui ne couvre pas de ce fait les informations/news.

L’Afrique est un continent…avec à ce titre diversités et disparités entre Etats et au sein des Etats. Au niveau médias, cette hétérogénéité se traduit par plus ou moins de pluralisme et un niveau d’usage plus ou moins élevé. Les causes de cette hétérogénéité sont de différentes natures : politiques, économiques, culturelles ou historiques. La radio reste spécifique à travers tout le continent puisqu’elle est plurielle grâce aux multiples radios de proximité et elle présente le plus haut degré d’usages puisqu’elle est partout. Nous parions sur l’expansion d’un internet abordable à la majorité des populations et des services innovants de portabilité des contenus. Ceci pourrait venir compléter ou se substituer aux services historiques, qui sont limités en termes de personnalisation et de richesse d’écosystèmes.

La plateforme Mezaa s’inscrit d’emblée dans cette réalité plurielle en optant pour la syndication. Le modèle économique prend naissance dans les innovations technologiques du site Mezaa développée par l’entreprise technologique Française www.saooti.com, inventrice de la Wikiradio.

En Côte d’Ivoire par exemple, le français est la langue administrative et le dioula est la langue véhiculaire majoritaire. 34% de la population comprend le français et sur les 34%, 69% sont à Abidjan. Le dioula concerne 70% de la population. Le Dioula est aussi parlé au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et au Ghana

En Afrique, les situations sont en train d’évoluer rapidement sur les TIC (technologies de l’information et de la communication) et l’urbanisation . Cette évolution redistribue les cartes entre les 3 médias que sont l’écrit, la télévision et la radio. Aujourd’hui, la radio reste encore le media le plus répandu, le seul media de masse véritablement quand on considère la proximité, l’usage des langues locales à la ville comme à la campagne .

En Afrique, entre citadins et ruraux, il y a disparité. Un des éléments de cette disparité est le niveau d’usages des langues internationales ou administratives. Les radios de proximité qui sont les partenaires privilégiés de Mezaa offrent une pratique aisée des langues véhiculaires et vernaculaires en symbiose avec les langues internationales. Ce qui n’est pas le cas pour les grands médias nationaux publics ou privés.

La plateforme Mezaa se focalise sur la syndication des contenus audio même si elle dispose des fonctionnalités vidéo. Cette approche par la syndication permet d’accompagner une diversité riche dans des géographies contrastées sans pour autant perdre ni en pertinence ni en équation financière.

L’Afrique est la nouvelle frontière de l’économie mondiale malgré une géographie socio-économique contrastée. La croissance économique et la croissance démographique y sont fortes . Ce qui engendre des besoins importants de formation pour transformer cette croissance en un développement inclusif c’est-à-dire un développement qui inclut toutes les populations. Par ailleurs et malgré leur niveau de croissance, les budgets d’Etats dédiés à la formation et l’accompagnement restent encore faibles.

C’est donc bien dans ce cadre socio-économique que Mezaa s’insère pour répondre aux 3 objectifs suivants :

  • Accompagner les jeunes vers la réussite dans leur projet d’études et de transition vers l’emploi
  • Accompagner les entrepreneurs vers la réussite dans une réalité complexe de l’économie informelle
  • Accompagner la population pour améliorer la santé et le bien-être par la médecine préventive

Afin d’être pertinent dans ce contexte, Mezaa entretient, forme, développe des compétences locales et mobilise aussi la diaspora qui représente plus d’une centaine des Millions de personnes dans le monde.

Et vous, quelles réflexions auriez-vous sur ce sujet des contenus éducationnels en Afrique ? Cliquez ici pour les partager !

ParNdiata Kalonji

Prêt-à-porter ou prêt-à-diffuser ?

Article diffusé le 16 janvier 2017

Article co-écrit par Ndiata Kalonji, Mezaa et Anne des Roseaux Layer, directrice & associée en charge des contenus chez Saooti

La Webradio interroge la radio Hertzienne pendant que l’Internet interroge la radio tout court ! Ces interrogations donnent naissance à des nouveaux usages et formats multimédias qui impactent les approches éditoriales aussi bien pour les radios FM que pour les radios Web ! La suite de l’article présente des façons de produire des contenus de radio en s’inspirant du prêt-à-porter.

Dans cet article, nous considérons que les plateformes modernes comme la Wikiradio par exemple nous affranchissent de la plupart des problèmes techniques pour libérer la créativité éditoriale.

A la vaste question de ce que pourrait être la radio du futur, nous avons fait le choix dans cet article, de nous y attaquer sous l’angle des formats des contenus. Le « format » des contenus désigne les durées, les rythmes, les genres. Un « format » novateur peut questionner une grille des programmes dans ce nouvel environnement qu’est l’Internet et offrir une large palette de services de diffusions linéarisées et délinéarisées. Un « format » novateur permet de se renouveler en permanence dans l’objectif d’être toujours au RDV avec les publics et les partenaires visés !

Dans cet article, nous considérons que les plateformes modernes comme mezaa motorisé par la Wikiradio par exemple nous affranchissent de la plupart des problèmes techniques pour libérer la créativité éditoriale. Pour répondre donc à cette question du futur des formats des contenus, nous avons fait un voyage dans l’univers de la mode avec ses collections, son marketing, ses réseaux de distributions, etc. Et à bien y regarder, notre secteur d’activité, la radio dans un environnement web, pourrait être inspirée par le secteur de la mode.

Dans la mode, qu’elle soit haute couture ou prêt-à-porter, il faut être et rester remarquable ! Plus que jamais aujourd’hui la multitude des flux d’information disponibles, oblige les médias, pour être remarquables, à combiner conformisme et singularité tout en répondant aux distinctions sociales et aux priorités culturelles.

Trois paramètres principaux sont en train de changer entièrement le paysage de la radio :

  • La rareté des canaux de diffusion ? C’est fini ! Sur internet, un canal ne se confond plus avec ni l’émetteur ni l’éditeur. On peut créer à l’envie et à moindre coût des canaux, y associer des studios de production virtuels pour des besoins éphémères ou permanents ;
  • Le flux continu comme unique source de contenus ? C’est fini ! Internet autorise une possibilité gigantesque de stockage et de dissémination pour multiplier virtuellement les sources de diffusion ou de mise à disposition des contenus à tout moment et de partout ;
  • L’intelligence algorithmique sur de masses des données. C’est puissant ! C’est une lame de fond qui n’en est qu’à son début. Elle couvre les diverses facettes de la radio incluant la conception, la production, la distribution, l’édition, la diffusion, la segmentation et la monétisation.

Paradoxalement, cette triple évolution soulève avec force et urgence des questions sur les nouveaux formats des contenus qui exploitent pleinement ce nouvel environnement internet.

Compte tenu de l’ensemble de ces paramètres, nous nous sommes prêtés à l’exercice d’aller chercher l’inspiration dans d’autres secteurs d’activité afin d’imaginer comment nous pourrions aujourd’hui allier la richesse fonctionnelle des plateformes technologiques et l’innovation dans les contenus.

Le prêt à porter peut inspirer, non dans ses fréquences saisonnales qui restent trop faibles pour un média, mais plutôt par son triple tempo comprenant :

  • La préparation de la collection
  • Le défilé et la présentation aux réseaux de distribution, médias, bloggeurs, influenceurs
  • La dissémination des composants de la collection dans les réseaux de diffusion

Pour la webradio, c’est disposer d’un laboratoire pour innover en permanence sur des contenus remarquables et actionnables en collaboration avec les partenaires ad hoc. Ce qui constitue un atout indiscutable

La préparation d’une collection : c’est un modèle extrêmement agile et subtile où différents acteurs se réunissent autour du styliste et au service de sa créativité. Ce modèle peut être plaqué sur la production webradio évènementielle indépendamment de la fréquence plus ou moins élevée que l’on peut choisir pour des contenus éditoriaux. Cette préparation intègre bien en amont tous les aspects du cycle de vie des composants de la collection : de la tête du créateur (conception) sur la tête du client (utilisation). Ces aspects de la chaîne intègrent le « sourcing », la logistique, le réseau de distribution, l’e-commerce, etc. et sont idéalement optimisés pour être bénéfiques à l’ensemble des acteurs.

Pour la webradio, c’est disposer d’un laboratoire pour innover en permanence sur des contenus remarquables et actionnables en collaboration avec les partenaires ad hoc. Mezaa ambitionne d’être un de ces laboratoires au service de l’ensemble de son écosystème constitué des radios FM, des radios Web et des partenaires éditoriaux et sponsors.
Ceci donne la possibilité d’un grand volume des contenus durables pouvant alimenter de manière orchestrée une grille traditionnelle de programmes en plus d’autres flux ou sites multimédias relatifs aux marques de l’éditeur et ses partenaires. Ceci donne également l’opportunité d’un contenu radio encore plus riche grâce à la concentration des points de vue et d’intelligence collective qu’on peut réunir sur un évènementiel. Ces contenus sont conçus pour être remodelés et embarqués dans différents univers à des fins d’exploitations en différé soit sur un fil continu, soit en podcasts, soit sur des sites ou réseaux sociaux.

Le défilé de la collection : C’est le « live » par excellence parce qu’il s’agit d’un spectacle vivant où l’on présente une à une devant un public, les créations de la collection. Cette collection a été pensée de bout en bout ! Un travail minutieux pour lequel le créateur aura intégré d’une part, l’ensemble des tendances culturelles de fond, les innovations et l’air du temps, et d’autre part, toute la chaine de distribution et de promotion. Le public de son côté composé d’influenceurs, d’acheteurs/ vendeurs, des médias, de passionnés, constitue les foyers pour disséminer et dicter les tendances que le plus grand nombre adoptera.

La dissémination de la collection : Du point de vue de la mode c’est la diffusion des vêtements et accessoires dans différents environnements afin d’atteindre le plus grand nombre de clients. C’est la promotion orchestrée en s’appuyant en partie sur les médias et influenceurs partenaires ayant participé au défilé de la collection. Ce réseau de diffusion a été naturellement présent en amont dans la préparation de la collection !

Animer un réseau de diffusion en réarrangeant les contenus produits et en les augmentant pour s’adapter aux formats et tempos des multiples canaux de diffusion dans l’objectif d’atteindre le plus grand nombre d’internautes et d’auditeurs FM.

Pour la radio, c’est animer un réseau de diffusion en adaptant les contenus produits et en les « augmentant » pour s’adapter aux formats et tempos des multiples canaux de diffusion FM et web, l’objectif étant, là aussi, d’atteindre le plus grand nombre d’internautes et d’auditeurs FM. Cette « augmentation » se fait, soit avec l’écrit, soit avec l’image, soit avec la vidéo ou tout autre type d’illustration. C’est le travail de dissémination ou de diffusion des contenus en différé après le travail de création en direct. C’est donc le moment d’utiliser toutes les vitrines à disposition pour exposer les contenus d’appel en les habillant en fonction des cibles pour amener l’audience sur l’ensemble des contenus de la collection.

Pour la mode, lorsqu’un client entre dans une boutique pour acheter un article et en ressort avec celui-ci et un complément qui se marie bien ensemble, c’est la créativité qui gagne ainsi que l’ensemble de tous les acteurs de la chaîne…et pour la radio, cela signifie accompagner la vie de son audience tout en se renouvelant, tout en surprenant…pour la radio, cela signifie également de déstructurer la grille de programmes pour engager encore plus l’audience!

Avec Mezaa, nous allons expérimenter toutes ces approches sur l’innovation dans les contenus à côté des innovations technologiques. N’hésitez donc pas à nous rejoindre pour coproduire des contenus de compagnonnage avec impact local !

ParNdiata Kalonji

L’origine du projet et son lancement

Au départ, ce sont 3 histoires à Abidjan en Côte d’Ivoire, à Brazzaville au Congo et à Lubumbashi au Congo RDC. La première, c’est celle de cette jeune fille qui cherche l’orientation pour des études en marketing digital puisqu’autour d’elle, personne ne peut l’aider. La seconde, c’est ce patron d’un petit atelier de couture en économie informelle qui se retrouve en difficulté puisque amené à remplacer un cousin non salarié par un employé salarié. La dernière, c’est celle d’un responsable d’antenne d’une radio de proximité qui se plaint de la pauvreté des contenus sur son antenne et du manque de moyens pour produire des contenus. « Soit on danse, soit on pleure » me dit-il puisque « c’est soit la musique, c’est soit les annonces des catastrophes par les ONG ! »

Le projet Mezaa est né de toutes ces rencontres et surtout de l’opportunité d’utiliser des innovations liées à l’internet pour accompagner les populations de manière novatrice.

Le projet Mezaa, c’est mettre à disposition des contenus éducationnels gratuits pour l’ensemble des populations sur le continent Africain! C’est donc la production et mise à disposition d’un contenu de compagnonnage pour un impact local.

Mezaa a une double ambition :

  • Etre la banque de contenus de référence à caractère éducationnel pour toute l’Afrique avec des contenus locaux en langues administratives et véhiculaires,
  • Construire de manière novatrice un réseau de diffusion ad hoc avec des médias communautaires partenaires présents en zones urbaines, périurbaines ou rurales.

Sachant que la radio est le média par excellence en Afrique1, ce projet a pour objectif de produire et de diffuser au plus grand nombre des contenus radios à vocation éducative pour contribuer au développement inclusif.

Ces contenus sont disponibles sur le web « online et offline », sur les radios FM partenaires et sur les serveurs téléphoniques vocaux d’opérateurs téléphoniques partenaires. Le but est d’atteindre le plus grand nombre des personnes, en ville comme à la campagne sur de terminaux populaires, aisément accessibles à toutes les catégories des populations.

Ce type de fonctionnement en réseau est appelé « syndication ». C’est cette syndication qui permet à Mezaa d’ambitionner de devenir un réseau de syndication de référence accessibles à toutes les radios et plus particulièrement les radios communautaires et les radios associatives. Les études d’opportunité et de développement d’usages montrent la capacité du modèle à passer l’échelle, à se pérenniser et à s’autonomiser dans le temps. L’équipe Mezaa est disposée à présenter en détails ce modèle aux institutions, entreprises et personnalités qui souhaitent apporter leur soutien.

Le lancement de ce projet est rendu possible grâce au soutien de l’entreprise technologique Saooti www.saooti.com, d’Orange RSE (Responsabilité Sociale d’Entreprise) et de l’encouragement de plusieurs personnalités sur le continent Africain et dans la communauté diasporique.

Ce projet est possible grâce aux innovations technologiques liées à la virtualisation des outils « métiers » de l’audiovisuel. Ceci comprend les outils de conception, de production, d’édition, de distribution et de diffusion des contenus audiovisuels. C’est par exemple le cas de plateforme Wikiradio de notre partenaire Saooti qui constitue une solution technologique unique.

Les zones ou pays pressentis comme têtes de pont sont la Côte d’Ivoire et la République Démocratique du Congo.

Différentes études montrent des besoins forts d’accompagnement partout en Afrique Subsaharienne comme illustrent les 3 graphes suivants :

Un taux d’achèvement scolaire faible : Accompagner les jeunes vers la réussite. En 2012, le taux d’achèvement reste faible. 70% en dernière année de primaire, 40% en dernière année de collège, 20% en dernière année de lycée

Une économie dite « informelle » allant de 25 à 70% du PIB en Afrique subsaharienne: Accompagner l’entrepreneuriat vers une meilleure productivité. Même si c’est une réalité complexe, les entreprises dites « informelles » jouent un rôle central dans la croissance et l’inclusion sociale. Leur productivité doit être améliorée!

Au-delà des besoins d’investissements lourds par les Etats : Accompagner la population pour une meilleure santé. Bien qu’en hausse, les budgets nationaux sont encore faibles et une information de médecine préventive est essentielle !

Dans ce contexte de forts besoins d’éducation et de formation liés aux croissances économique et démographique2, le projet Mezaa s’attaque aux 4 grands problèmes présents partout en Afrique Subsaharienne. Ces problèmes sont résumés comme suit :

  1. Accompagner les jeunes vers la réussite dans un contexte où le taux d’achèvement scolaire reste faible3.
  2. Accompagner l’entrepreneuriat pour augmenter sa productivité dans une réalité complexe de l’économie informelle4.
  3. Alléger le fardeau de la mauvaise santé disproportionné dans un contexte où les budgets nationaux consacrés à la santé restent encore faibles5
  4. Répondre à l’absence d’une véritable plateforme à forte couverture géographique avec des contenus d’accompagnement disponibles au plus grand nombre.

En Afrique, comme dans le reste du monde, l’économie est encastrée dans le social, lui-même déterminé par la culture. Pour être pertinent, Mezaa contextualise les contenus à travers une production locale et en plusieurs langues.

La plateforme Mezaa est accessible de partout. Elle intègre tout l’univers du web mais également et au fur et à mesure de construction des partenariats, plusieurs constellations de radios FM, des serveurs vocaux téléphoniques. Dans le cadre de la syndication, elle apporte une véritable plus-value aux radios de proximité en quête de contenus et de modèles économiques. Elle développe des expertises techniques et éditoriales locales. Elle exploite pleinement la nouvelle donne avec les NTIC et plus particulièrement avec la téléphonie mobile qui ouvre un nouveau champ d’innovations en local ou en relation avec les diasporas.

Toute l’équipe Mezaa est heureuse de voir ce projet se concrétiser et serait fortement intéressée par vos commentaires, réflexions ou soutiens !

  1. Balancing act
  2. Radio and Development in Africa (International Development Research Centre of Canada)
  3. Le numérique au service de l’éducation en Afrique (AFD, AUF, Orange & UNESCO)
  4. L’économie informelle dans les pays en développement (AFD)
  5. Harmonization for Health in Africa